Bonne année !

Bienvenue en territoire innu ! 

L'année 2019 est trop vite passée. Plusieurs fois, nous avions essayé, balbutié, trébuché mais la danse est restée inachevée. Il faut dire que l'idée était osée : inventer une chorégraphie où mêler danse innue (des indiens de l'est Canadien) et danse chaâbi marocaine. Mais, non d'un tipi nous allons donc récidiver !  Parce que cinq années passées au Québec avant d'arriver au Maroc n'ont fait que confirmer mon goût pour la diversité et le mélange des genres.

Alors quand le décor sera planté, toutes plumes au vent, nous tenterons l'envolée...

7 janvier 2020

14 Janvier 2020

Nous ne pouvons plus reculer !

Quelle mauvaise idée d'ailleurs, alors qu'une nouvelle année est forcément propice à l'avancée, à d'autres découvertes ! Non, nous ne pouvons plus reculer.

Parce que les petits (4 ans) ont terminé leurs masques. Et que les grands (4/5 ans) ont déjà réalisé les premières ébauches de leurs versions d'un masque d’indien.

Parce que nous leur avons montré des vidéos sur les indiens innus et parlé du Québec d'hier et d'aujourd'hui. Parce que j'y ai vécu et qu'Annie rêve que je le lui fasse découvrir. Et parce que nous leur raconterons encore ces gens qui, là bas comme eux ici, aiment à entretenir leurs traditions, faire la fête, se réunir pour de bons moments à partager.

Alors oui : Pourquoi ne pas oser quelques pas de danse indienne, puis de danse orientale sur une chanson en innu ?

Ma copine me soutient toujours dans nos folles envolées !

Nous  sommes dans le flou artistique le plus total, comme la photo mais, on rigole bien ! Nous tâtonnons, trébuchons dès les premiers pas de la danse de l'aigle ou de celle de l'ours et ignorons encore à quel moment faire vibrer nos semelles version chaâbi marocain...Mais ça viendra ! 

Comme nous viendront les idées des accessoires de décors nécessaires à notre petite chorégraphie que nous nous ferons le plaisir de fabriquer avec les enfants. 

Parce que découvrir, créer, rêver, jouer, rire, partager : c'est aussi apprendre !

Et nous ne pouvons plus reculer...

Parce que l'auteur, compositeur et interprète de la chanson innue que nous avons choisie,   Florent Vollant, a été informé, étonné et touché à la pensée que ses mots et ses notes raisonnent dans une petite école nichée au fin fond d'un quartier délaissé de Casablanca. 

Téléphone arabe ou fumées de feux amérindiens ?  A suivre ! (...)

21 Janvier 2020

"PUAMUNA" : Les rêves  

(dans la langue des innus, Nation autochtone originaire du Canada).

Ainsi poursuivons-nous les nôtres... En ayant d'abord pris soin de fabriquer et suspendre nos capteurs de rêves. Pour que rien, aucune sombre pensée, aucune tristesse ne puisse contrarier notre créativité. Et c'est à grands coups de haches que nous avons taillé et sculpté les bûches dont s'échappent déjà de grandes flammes : Nous faisons feu de tout...papier et carton !

Un grand bûcher pour fêter la naissance  "d'Innumoroccan" ! 

Premier d'une lignée de totems prometteurs, autour duquel s'agitent déjà les esprits des danseurs innus. Nous lui préparons de belles et grandes ailes colorées. 

Certes, tous nos masques sont ajustés et fort bien portés ! Trop chouette Annie, même en aigle ! Mais il nous reste encore tant et tant à concevoir et à réaliser avant que d'entamer les répétitions de notre chorégraphie. 

Il nous reste tant et tant à nous AMUSER !​

30 janvier 2020

 "Makusham" 

(Rassemblement festif traditionnel innu).

Nous travaillons encore à la préparation du jour où la cour de notre petite école s'animera sous l'oeil bienveillant de nos totems. Un peu comme pour un Makushan : grand rassemblement rythmé par les chants, les danses et les traditions des communautés innues du Québec. Point d'érable pour suspendre nos accroche-rêves ? Les palmiers joueront le jeu ! Mais pour le moment, notre atelier se remplit, se remplit.....Il nous manque encore ça, ça et ça ? Qu'importe, nous trouverons, c'est certain ! 

Fin de l'aventure Innue.

Mais nous ne le savons pas encore et bien sûr nous ignorons pourquoi !... 

6 février 2020

Derrière le rideau…Les grands du primaire entrent en scène  : Nous démarrons l'atelier théâtre !

 

Du grand théâtre ? C'est certain, chacun à sa manière. Mais pour le moment nous apprenons à travailler... non pardon, j'y tiens :  à nous AMUSER !  A jouer avec notre souffle, notre voix, notre corps, notre mémoire, notre expression, nos émotions et, même avec le français. Je dis nous car j'apprends aussi, encore et toujours. Et je dis nous car nous sommes trois pour animer cet atelier si différent de celui que nous continuons avec les tout-petits. Heureusement qu'elles sont là mes deux copines ! Annie, parce que notre binôme est une évidence. Et désormais Milouda, tellement indispensable. Qui, bilingue français-arabe, nous permet de donner un sens à cette nouvelle aventure que les élèves doivent à la motivation de leur nouveau directeur.

13 Février 2020 

Acte 1, Scène 2…et plus tard ? 

...quand ils regarderont ces images, datant alors vraiment d'il y a longtemps... : De quoi se souviendront-ils ?

De ce maudit alphabet français qu'il leur a fallu retenir et  raconter comme s'il s'agissait de la plus belle histoire du monde et non d'une leçon rimant avec compétition ? Tranquillement, avec quiétude, passion. Puis avec joie, tristesse ou colère, poings serrés, souffle coupé. Puis en marchant, suivant les tracés imaginaires de chaque lettre. Parfois figé sur une jambe, tel le "F" de "Flamand rose"...Ou encore, évoluant au rythme d'une danse marocaine, comme pour défier le "T" de la Timidité. 

Ou bien se souviendront-ils de ces drôles d'exercices de diction ? De "Loulou le lapin lit les livres lentement" qu'ils mirent tant de temps à mémoriser...ou pas ! 

Et se souviendront-ils de leur perplexité ; petits nez tordus et yeux interrogateurs, quand nous leur demandions de réfléchir et de s'exprimer à propos de "l'Amitié" ? Ou de "l'Aventure" ? Avec un grand "A"  : pour commencer à rédiger notre "AlphaPièce" de théâtre !!!

Annie derrière l'objectif, Milouda et moi, nous souviendrons de leurs éclats de rire. De leurs hésitations, bien vite détrônées par leur envie d'oser aller de l'avant sur les chemins qu'ouvrent le rêve et la créativité. Nous nous souviendrons les y avoir suivis !

Alors, à suivre (...)   

1/14

20 février  2020  

Allons, Monsieur Molière, restez beau joueur !

Mais oui vous êtes un génie. Personne n’en doutera jamais.

Alors justement : précipiter notre rencontre serait risquer de passer à côté de la magie d’un premier rendez-vous ! Laissez-nous le temps nécessaire pour vous rejoindre avec envie. 

Vous Monsieur, comme vos contemporains ou autres grands auteurs.

Le temps de savoir lire d’abord. Dans votre langue bien-sûr mais aussi et surtout entre les lignes. Rendez-vous compte : apprendre à comprendre pour ne plus seulement réciter et, enfin, vibrer…. il nous faut le temps d’aiguiser notre curiosité, notre appétit !

Ne vous offusquez pas de nos détours. Surtout pas vous qui saviez si bien conjuguer l’audace et l’impertinence !

Nous ne saurions vous apprécier sans avoir d’abord appris à jouer sans sérieux, juste pour rire. De nous surtout.  Pour nous évader, nous égarer, nous défier, nous dévoiler, nous révéler ! Et petit à petit, maux à mots : lâcher prise, oser nous exprimer, avancer, grandir. 

Dès lors, c’est certain, nous prendrons plaisir à vous lire !

27 février 2020

Notre "Alpha pièce" se prépare. Encore une de mes fantaisies ! Mais quoi de plus drôle que d'apprendre des mots de français, en partant de l'alphabet et en....jouant sur les mots et leur définition ?! D'abord on invente notre propre définition, puis on la met en scène. Ça vous intrigue ? Venez nombreux à notre représentation en fin d'année scolaire ! 

Nous, en attendant, on répète, y'a du boulot ! En commençant par répéter sans relâche quelques exercices d'articulation et de concentration....

Début mars 2020

Entracte ?

Du moins c'est ce que nous pensons alors....

Je dois me rendre en France. Je n'irai pas car je pressens  que les frontières aériennes vont fermer, ce qui signifierait que je ne pourrai revenir avant plusieurs mois. J'ai vu juste. Le monde entier se voit paralysé. Le Maroc ferme toutes les frontières le 17 mars, puis sera l'un des premiers pays à déclarer un confinement général de la population, pour tenter de freiner la propagation du virus, de la pandémie Covid 19. L'école ferme, comme toutes les autres écoles du pays. Nos ateliers sont stoppés, avec les petits de maternelle, comme avec nos apprentis comédiens. Tout semble figé...jusqu'à quand ?

19 mai 2020

Maudit virus !

Deux mois déjà qu'un virus au nom barbare nous a renvoyés dans nos foyers et nous y maintient confinés, déclarant la guerre au Maroc, comme partout ailleurs sur la planète. Seulement le Maroc, ce n'est pas comme partout ailleurs. C'est...le Maroc. Avec ses spécificités et ses défaillances. Notamment quand il est question d'éducation, de protection sociale et  de santé publique. Un pays en voie de développement ? Nous l'espérons tous, vraiment. En attendant, nous nous devons encore d'attendre. Pour éviter les tristes conséquences qu'engendrerait  une aggravation de la pandémie.

Pendant trois semaines, à compter de demain, le 20 mai 2020, avant la levée du confinement. 

Pendant trois mois, avant la réouverture des écoles, en septembre prochain. Et jusqu'à quand pour l'autorisation de la réouverture de notre petit atelier et la reprise de nos activités ? Et d'ailleurs d'ici là, quels changements significatifs et salutaires pourront être mis en place pour déjouer le redouté guerrier dont il est aujourd'hui question ? 

En attendant...garder le moral et rester créatif, pour la suite. Alors, à suivre.

 

25 octobre 2020

La suite en question ne fut pas celle que nous attendions. Le Maroc, d'abord fier de prétendre gérer la pandémie mieux qu'ailleurs, à finalement dû se rendre à l'évidence. A un peu plus de transparence ?  Le confinement généralisé à duré plus de quatre mois. Les écoles n'ont pas pu réouvrir en septembre. En octobre pour certaines, dont la nôtre mais, dans des conditions de sécurité draconiennes, difficiles à mettre en place quand tant de moyens font défaut. Surtout dans les quartiers ou les régions les plus défavorisés. Notre petite école semble une exception à cet égard. Sans nul doute que le dynamisme du directeur y est pour beaucoup.

N'empêche qu'il ne nous a pas été possible d'y rouvrir les ateliers, toujours pour des questions de sécurité. Au Maroc comme ailleurs, la Covid 19 a fait rage et ravages. D'autant que les infrastructures hospitalières, l'accès aux soins...j'en ai déjà soufflé mots.

Lorsque qu'Annie et moi avons fermé la porte de l'école en mars dernier et rejoint sa petite voiture, nous ignorions qu'il s'agissait de la dernière sortie. Pour moi surtout qui, le 28 octobre 2020, ai repris l'avion non pas pour des vacances cette fois mais pour retourner vivre en France. Un retour envisagé mais plus lointain...que la pandémie aura finalement précipité.

Maudit virus....Nous n'aurons pas eu le temps de finir notre pièce de théâtre et de la présenter. Ni d'achever la préparation de notre chorégraphie innue. Et nous n'aurons pas même pu nous dire au revoir. Bien sûr nous resterons en contact grâce à la magie d'internet....mais pas de câlin, ni de bisou de tous ces petits loulous...pas de bise ou poignée de mains aux membres de l'équipe éducative qui nous ont à Annie et moi accordé toute leur confiance.... Voilà qui s'avère bien cruel. D'autant quand je sais pertinemment que je ne reviendrai pas avant longtemps et que, de fait, bien des élèves ayant participé à nos ateliers auront quitté cette petite école.  Je pars la tête pleine des sourires de tous ces enfants. De beaux souvenirs sous le signe de la créativité et de la fantaisie. J'ai beaucoup appris dans cette petite école. A propos de l'éducation, du Maroc et des marocains, de l'amitié et, à propos de moi. 

                                                Au revoir les amis ! Merci d'avoir été dans ma vie, prenez soin de bien grandir !

Souvenez vous des dernières phrases de notre "AlphaPièce" : 

- De quelles lettres aimerais-tu parler ?

- Du B comme Bonheur. Du C comme créativité.

Et du R surtout. Pour ne jamais oublier que le R de Rire ou de Rêver est aussi beau que le T de Travail. Et enfin du S comme Sourire. Parce que le sourire d'un élève heureux est toujours une Victoire avec un grand V.

                               

                               Riez, dansez !

© Marie-Christine Mora